Et si Portgas D Rouge était la clé du siècle oublié ?

La lettre “D.”, omniprésente dans certains noms de One Piece, échappe à toute classification officielle dans le monde établi par la Marine. Malgré sa présence dans plusieurs lignées, elle demeure ignorée ou dissimulée par les institutions dominantes.

Portgas D. Rouge, rarement mentionnée mais centrale à l’héritage de la Volonté du D., occupe une place singulière dans l’histoire. Son rôle, longtemps occulté, soulève des interrogations sur la transmission de ce mystérieux héritage et sur les véritables enjeux du siècle oublié.

La Volonté du D. : héritage, symboles et énigmes dans l’histoire de One Piece

Depuis l’entrée en scène de Monkey D. Luffy, le récit de One Piece ne cesse de distiller des éléments autour de la volonté du D., ce mystère qui traverse les générations comme une déchirure dans la version officielle de l’histoire. Eiichiro Oda glisse, à chaque arc, de nouveaux fragments à assembler : la lettre “D.” chez Gol D. Roger, Portgas D. Ace ou encore Marshall D. Teach ne relève jamais du hasard. Pourtant, ni la Marine ni le gouvernement mondial n’osent la nommer à voix haute. Ce silence, pesant, alimente la défiance vis-à-vis des dragons célestes et de leur version expurgée du siècle oublié.

Un personnage incarne à lui seul cette soif de vérité : Nico Robin, seule rescapée de l’île d’Ohara. Sa quête des ponéglyphes, ces blocs de pierre couverts d’écritures indéchiffrables, représente la lutte contre l’effacement organisé de la mémoire. L’effondrement de l’ancien royaume et la promesse de Joy Boy convergent vers le mythe de Laugh Tale, ultime horizon du récit. Dans cette fresque, Luffy s’inscrit, presque malgré lui, dans une histoire écrite avant sa naissance.

La volonté du D. n’appartient pas exclusivement à une généalogie. Elle traduit un élan d’insoumission, une impulsion à résister, que l’on retrouve aussi bien chez les pirates que chez les révolutionnaires ou ceux qui contestent l’ordre établi. Voici quelques figures qui incarnent ce mouvement :

  • Gol D. Roger, devenu roi des pirates, accède à la vérité mais refuse d’imposer ses choix à l’avenir.
  • Monkey D. Dragon, chef de la rébellion, met en cause les fondations du pouvoir mondial.
  • Marshall D. Teach, animé d’une ambition démesurée, brouille les lignes de la transmission du D.

Chacun devient alors dépositaire d’une mémoire que le pouvoir cherche à effacer, mais qui renaît à travers les actes et les décisions individuelles. La saga One Piece s’inscrit ainsi dans une tension continue entre oubli imposé et quête de sens.

Portgas D. Rouge, figure oubliée ou pièce maîtresse du siècle oublié ?

Derrière l’ombre immense de Gol D. Roger, Portgas D. Rouge intrigue par sa discrétion et la force de son geste. Mère de Portgas D. Ace, elle a résisté là où d’autres auraient cédé, portant son enfant vingt longs mois pour le protéger de la traque menée par le gouvernement mondial. Ce choix, tout sauf anodin, place Rouge parmi les rares personnages à s’être dressés, frontalement, contre la fatalité qui frappe les porteurs de la volonté du D.

Dans l’univers de One Piece, la société entière semble vouloir effacer les traces du passé. Pourtant, Rouge, en agissant dans le secret, s’oppose à cette logique d’oubli. Elle ne laisse ni écrit, ni héritage visible : c’est sa légende qui subsiste, transmise à voix basse, par celles et ceux qui refusent de se contenter de l’histoire officielle. Son existence soulève alors une question : la volonté du D. se transmet-elle uniquement par le sang, ou bien appartient-elle aussi à celles et ceux qui, par conviction, refusent la soumission aux puissants ?

La discrétion de Rouge, presque totale, interroge aussi la façon dont les femmes sont intégrées à la mémoire collective dans One Piece. Elle ne navigue pas, elle ne se bat pas sabre au poing, mais sa résistance silencieuse pèse autant que les exploits les plus éclatants. Dans un récit où le trésor légendaire et la quête de justice font office de boussole, Rouge propose une autre forme de courage : une force enracinée, tenace, qui défie l’oubli par la simple volonté de transmettre. Son nom, longtemps effacé, resurgit tel un indice majeur pour décoder les fractures du siècle oublié et comprendre ce qui, malgré la censure, traverse le temps.

Dans l’ombre des grandes batailles et des révélations spectaculaires, Portgas D. Rouge incarne cette résistance muette, ce refus de disparaître totalement. Si la vérité sur le siècle oublié doit un jour éclater, peut-être faudra-t-il, enfin, regarder du côté de celles qui n’ont jamais fait de bruit mais dont la trace, indélébile, attend son heure.

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